Paperboy (2012)

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Ce film traînait depuis quelques mois sur mon ordinateur et j’ai fini par le regarder, sans avoir auparavant lu le synopsis, ni les critiques, ni vu la bande-annonce. En revanche, j’avais toujours l’affiche en tête, rose avec les beaux visages de Nicole Kidman et de Zac Efron en premier plan. Ayant l’affiche en tête, je m’attendais à une ambiance 60’s, avec une histoire d’amour mignonne mais quand même un peu tordue (le film avait été présenté à Cannes, il fallait donc forcément qu’il soit un peu tordu). En définitive, le film se déroule dans les 60’s, dans le sud des USA, en Louisiane près des bayous, il y a bien une (en fait plusieurs) histoires d’amour mais c’est surtout pour le côté tordu de l’histoire que j’ai été servie.

Le synopsis : Ward (Matthew McConaughey) et Yardley, journalistes en Floride se rendent dans une ville de la Louisiane pour enquêter sur Hilary (John Cusack), un condamné à mort. Ils pensent que l’homme accusé d’avoir tué un shérif, pourrait être innocent étant donné les faibles éléments relevés contre lui. Sur place, ils sont aidés par Charlotte (Nicole Kidman), une femme d’une quarantaine d’années qui a une relation épistolaire avec le condamné à mort, ils ne se sont jamais vus mais sont très amoureux, ils désirent se marier. Ils s’installent dans la maison d’enfance de Ward, où vivent son père et son jeune frère, Jack (Zac Efron) qui tombe éperdument amoureux de Charlotte.

Au début, j’étais un peu perdue dans cette histoire, il y a beaucoup de sexe et sans qu’on s’en aperçoive au premier abord, une grande violence parcourt le film, mais elle ne s’introduit que progressivement et s’intensifie au cours de la dernière demi-heure. Le film est interdit aux moins de 12 ans, mais il y a une certaine scène vers la fin du film dans une chambre d’hôtel qui m’a fait, du haut de mes 25 ans, fermer les yeux pendant quelques secondes (« Haaahh je vais faire de gros cauchemars !! »).

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Concernant le jeu des acteurs, il y a peu de choses à en dire, ils jouent bien on y croit personne ne sonne faux, même si le personnage de Charlotte (vraiment vulgaire cette Charlotte) frôle de temps en temps la caricature. Zac Efron est parfait dans le rôle du jeune homme transi d’amour pour une Mrs Robinson de cabaret totalement cheap. Elle joue avec lui, se moque de son désir mais éprouve néanmoins une réelle tendresse pour ce livreur de journaux qui la promène en voiture à travers la ville entre la prison et la maison de son père. Quant à Matthew McConaughey, rien à dire, cet acteur est toujours aussi génial (cœur avec les doigts).

Le film aborde aussi des sujets plus politiques tels que le racisme latent qui sévit toujours au sud des USA. Le film se déroule durant l’année 1969, alors que la lutte pour la fin de la ségrégation et l’obtention des droits civiques pour les noirs s’est achevée avec le Civil Rights Act en 1964 qui interdit toute discrimination raciale. Néanmoins, dans le sud et en particulier en Louisiane où les noirs sont restés plus longtemps esclaves que dans le nord, la tension est encore palpable. Le film rend assez bien compte de cette tension. La famille de Ward et de Jack emploie Anita, une jeune femme noire qui est leur femme de ménage, leur cuisinière, l’amie des deux frères mais aussi un peu leur mère de substitution. Entre Anita et la belle-mère des deux hommes, la tension est forte, Anita ne se soumet pas à la belle-mère et finira par se faire renvoyer.

Un autre sujet abordé très légèrement dans le film est l’homosexualité masculine, elle est très cachée pendant tout le film, mais finit par éclater au grand jour avec une grande violence. Ce n’est pas du tout le sujet principal, mais cela participe à cette ambiance de tension sexuelle qui règne tout au long du film.

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En définitive, j’aurai vraiment du lire le synopsis avant de me jeter dans ce film, me préparer à voir du sang, un drame et pas une petite histoire d’amour amusante. Le film n’est pas inoubliable mais il a son identité et y règne une douce perversité. De fait, on n’a pas l’impression d’avoir perdu son temps en passant deux heures entre les bayous et la prison où est enfermé Hilary ; mais je ne le regarderai pas une seconde fois. Paperboy : vu, au suivant !

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