Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de VIGAN

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C’est la photographie utilisée en couverture du livre qui m’a donner envie de feuilleter ce livre dans les rayons de ma Fnac préférée. Ensuite, c’est le texte de la quatrième de couverture qui m’a totalement décidé à le lire :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti.  » 

A la mort de sa mère, l’auteure décide d’écrire la biographie de celle-ci. Elle contacte les frères et sœurs de cette dernière ainsi que sa propre sœur afin de rassembler leurs souvenirs, les confronter et tenter de reconstituer l’enfance et la vie d’adulte de Lucile. Ainsi, rien n’est fiction.

Au fur et à mesure que l’enfance de Lucile est décrite, Delphine de VIGAN fait entrer son lecteur dans le quotidien de ses grands-parents, on découvre alors la vie parisienne des classes moyennes du milieu du 20e siècle. Les thèmes abordés sont souvent durs et pour cause, Lucile semblait souffrir d’une maladie mentale, telle que la bipolarité, dont on découvre progressivement l’origine au gré des tragédies que surmonte cette famille.

On pourrait croire que l’auteure cède par moment à l’affliction, aux regrets ou à l’accusation, mais il n’en est rien. L’écriture reste sobre, sensible et élégante. Cette approche m’a permis d’entrer très facilement dans l’histoire de ces femmes. Bien qu’il s’agisse sans nul doute d’une œuvre dictée par l’amour filial, on est bien loin du Livre de ma mère d’Albert Cohen (et c’est tant mieux). Bref, je vous recommande vivement cette lecture, elle est très intéressante de différents points de vue et notamment sur la question de la responsabilité des parents envers leurs enfants. Les fautes et erreurs commises sont-elles excusables ? Ou au moins explicables ?

Ce livre a remporté le prix FNAC, le prix Roman France Télévision 2011 et le Prix Renaudot des lycéens.

 

 

 

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